Les copains disent : Est-ce que oui ou non on est d’accord pour faire de l’action illégale. Et on reste là médusé à regarder de l’intérieur de l’ordre où on colle, où on est pris, vers ce trou, béant où on imagine qu’est la dite action illégale. Mais cette béance est insupportable, alors on la bouche, on l’habille avec des oripeaux pris n’importe où au vestiaire révolutionnaire.

Ce n’est plus la transgression qui est en cause mais l’image dela transgression ; on est révolutionnaire si on agit comme un révolutionnaire, et les révolutionnaires en images, ça met des bombes, ça tue, ça fait peur aux bourgeois ; mais manque de pot toute cette production d’images est le fait de la bourgeoisie dont l’éthique la surdétermine complètement. ET finalement le seul critère c’est se faire arrêter, se faire reprendre dans l’ordre bourgeois le seul qu’on connaisse. On croirait qu’il n’y a qu’en rentrant dans l’ordre qu’on peut être sur de l’avoir dérangé, mais c’est qu’on reste complètement fixé sur cet ordre et qu’on ne se place pas d’emblée dans un autre ordre, ailleurs, avec des incidences multiples, non codifiables sur l’ordre existant.

Ce qui est fantastique quand on se propose une action c’est qu’on va immédiatement chercher l’article du code qui définit la sanction. La liste des transgressions a déjà été fixé par la bourgeoisie, il n’y a donc plus de transgression.Tout ça parce qu’on colle complètement violence symbolique et violence dans la réalité.

Un groupe de militants