Nous sommes dépossédés chaque jour de nos propres moyens de mener nos vies en nos termes. A l’école comme au travail, à l’ombre d’une cellule, dans nos cages à poule comme dans la rue sous étroite surveillance, tout nous rappelle chaque jour que notre avenir est entre leurs mains et qu’il n’y aura pas de liberté future.

As-tu remarqué, dans le XXe prés de Ménilmontant, qu’il y a une rue qui s’appelle Rue de l’Avenir? As-tu remarqué que c’est une impasse? L’ironie que peux se permettre cette société de merde est significative de sa victoire. La vie qu’elle nous impose n’a aucun avenir, elle le sait, elle en rit.

On pourrait croire qu’à force de se briser le dos dans des tafs immondes ou sous le poids des matraques, la volonté de reprendre notre avenir en main deviendrait une pulsion, mais non, la fatigue physique et cérébrale réussit même à pulvériser cela, un peu comme les médocs qu’on nous fait bouffer en HP. Alors oui, il est difficile d’imaginer un futur un tant soit peu digne sans ravager totalement ce monde qui nous en empêche.

Mais bordel, qu’est-ce qui nous en empêche vraiment? Les flics? La Justice? L’État? La fatigue due au Travail? Non, c’est trop facile, trop simple. Il y a bien plus que cela, il y a le flic dans nos têtes, le juge dans la tête des autres, l’État jusque sous nos couettes et le chantage du travail auquel nous cédons avec résignation ou entrain. Il y a une montagne cosmique de contraintes que nous n’avons pas l’audace d’éventrer.

Notre avenir est entre nos mains, il est dans nos têtes. Qu’il devienne le calvaire des briseurs de rêves. Que nos rêves se transforment en menace et que la réalité surpasse nos rêves!

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